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L’impact du BREXIT sur Ouistreham

Il y a quelques mois, quand l’Angleterre est sortie de l’Union Européenne, on pouvait craindre que les Britanniques viendraient moins nombreux en France et avec un pouvoir d’achat réduit. Plus grave encore, on considérait que si des accords ultérieurs de libre-échange n’étaient pas conclus, la France ferait partie des six pays les plus touchés par le Brexit (selon le cabinet Euler Hermes). Les entreprises françaises pourraient enregistrer jusqu’à 3,2 milliards d’euros de pertes additionnelles à l’export d’ici 2019, dans le pire des cas. Soit 0,5% du total des exportations de biens et services conclus avec l’UE.
A ce stade, les échanges n’ont pas été visiblement affectés, et la Banque centrale d’Angleterre s’est montrée, fin 2016, plus optimiste sur l’économie. En 2016, l’activité transmanche « marchandises » a régressé de 1,91 % à Caen-Ouistreham. Toutefois, l’activité a été supérieure à celle de 2014 et la barre symbolique des 100 000 véhicules industriels transbordés reste franchie. Caen-Ouistreham demeure, de loin, la ligne la plus fréquentée à l’Ouest du Détroit.
La croissance britannique a finalement été en 2016 globalement résistante au Brexit. Son effet s’est principalement concrétisé par la baisse de la livre qui a provoqué une baisse du pouvoir d’achat des Britanniques en déplacement dans la zone euro et un renchérissement des importations en provenance de la zone euro. En 2017, Britanny Ferries constate que la fréquentation des touristes britanniques est logiquement en léger recul (de 3 à 4 %) mais que la clientèle régulière qui représente le quart de ses activités est restée stable, c’est le cas pour les Britanniques ayant une maison en France . Paradoxalement, la clientèle française est aussi en léger repli craignant peut-être un accès plus compliqué depuis la sortie de l’UE.

Les opérateurs ferries affichent leur confiance en l’avenir à Cherbourg comme à Ouistreham. Les 3 rotations quotidiennes de Brittany Ferries ont été maintenues à Ouistreham, près de 1000 escales étant prévues cette année. Aucun plan de réduction des effectifs n’est prévu pour 2018 même si on sait déjà que le chiffre d’affaires sera en baisse en 2017 moins du fait du recul du nombre de passagers que de la diminution de la livre qui est passée de 1,35 € avant le Brexit à 1,10 € actuellement. Or, les recettes de Brittany Ferries sont en majorité en livres alors que les coûts sont essentiellement en euros.
Brittany ferries a indiqué également avoir signé une lettre d’intention pour construire un ferry en remplacement du Normandie, en 2019, sur la ligne Ouistreham-Portsmouth. PNA est prêt à adapter les infrastructures à la taille de ce nouveau bateau si besoin. De leur côté, les concessionnaires jouent le jeu également puisque la CCI Caen Normandie va investir 1,5 M€ sur le terminal de Ouistreham.
Dans ce contexte de faible visibilité mais de confiance en l’avenir des opérateurs, une stabilité des trafics est espérée.

Autre sujet de discorde, la pêche. Les pêcheurs normands et bretons se montrent inquiets. « Notre principale crainte, c’est de perdre la moitié de la mer de la Manche, sachant que l’on débarque une cinquantaine d’espèces par jour qui proviennent des eaux anglaises, Manche Ouest et Est » estime Dimitri Rogoff, président du Comité régional des pêches de Normandie et patron pêcheur à Port-en-Bessin, qui redoute vraiment les conséquences d’un « hard Brexit ».